Pourquoi voyager seule ne devrait pas t’effrayer

« Tu n’as pas peur? »

La question revient à tout coup. Avant que je parte. Pendant mon voyage. Quand j’en parle à mon retour. Elle provient de mon entourage. Des gens que je croise sur la route. Des casaniers comme des aventuriers.
La réponse est oui. Oui, j’ai peur. Peur de la solitude. Peur de ne pas faire de rencontres enrichissantes. Peur de tourner en rond. Peur de ne pas aimer le pays qui m’accueille, ses habitants, son quotidien… Mais peur pour ma sécurité? Honnêtement, rarement.

Non pas que je sois inconsciente des risques qui m’entourent et qui, en étant une fille seule, sont exarcerbés dans certaines régions du monde où c’est plutôt mal vu ou mal compris. Au contraire. Je dirais que je me sens rassurée pas les habitudes de voyage que j’ai développées qui me permettent de garder mes distances jusqu’à ce que je sente que je suis face à une personne de confiance ou dans un environnement sécuritaire.

Alors, si tu es une fille (même un gars en fait) et que tu veux partir en solo, voici mes humbles conseils de voyageuse du tiers monde.

  • Fais confiance à ton instinct


Assez basic, me direz-vous. Mais c’est sérieusement le meilleur conseil que l’on m’ait donné. Je suis de nature intuitive, ce qui doit aider. Mais reste que la petite voix qui te parle est souvent juste. Si tu ne « feel » pas un endroit, si la personne qui vient te parler ne t’inspire pas confiance, si tu n’aimes pas la vibe, fais demi-tour. L’idée n’est pas non plus de faire confiance à quiconque a l’air bon et gentil. Il suffit simplement de te faire confiance et de t’écouter si ta petite voix te dis : « Pars d’ici! ».

  • Invente un ami qui t’attend

 L’idée, c’est de ne jamais démontrer que tu es complètement seule et que si tu disparaîs dans la brume, ça prendra des heures, voire des jours, avant que quelqu’un remarque ton absence. Quand tu voyages en solo, c’est souvent la première question qui vient : « Tu Voyages seule!? ». Il ne faut pas oublier que les femmes de plusieurs pays ne bénéficient pas de cette liberté. Au chauffeur de taxi, par exemple, je dis toujours que je m’en vais rejoindre un ami. Si c’est un long trajet et que je ne me sens pas en confiance, après un certain temps je fais sonner mon alarme sur mon téléphone. Je réponds comme si c’était un appel entrant et je parle en anglais assez fort pour que le chauffeur entende : « Allo! Oui, attends-moi, je suis sur la route. Je serai là bientôt! », et au chauffeur : « Monsieur, mon ami veut savoir on arrive dans combien de temps? ».

Plus compliqué de te faire disparaître dans la brume maintenant.

  • Prends une photo du numéro de la plaque d’immatriculation

« L’autobus est parfois plus safe que le taxi, vu qu’il y a d’autres personnes ». C’est le premier chauffeur de taxi de Manille (Philippines) que j’ai croisé qui me l’a dit…  après m’avoir mise en garde que des touristEs se faisaient occasionnellement kidnapper par des taxis hélés sur la route. Son conseil : demander à l’hôtel/hostel d’appeler un taxi enregistré, et demander à la réception de noter son numéro de plaque. Depuis, je prends toujours de façon très démonstrative une photo de la plaque et du nº de taxi que « j’envoie » à « mon mari » avant de monter à bord. J’aime mieux avoir l’air zélée que de me réveiller un rein en moins.

  • Garde ton sourire

N’aies jamais l’air dépassée par les événements. Peur = vulnérabilité. Même si tu debuzz par en-dedans, ne le démontre pas. Si tu es perdue, demande ton chemin sur le même ton que si tu demandais où est l’arrêt d’autobus le plus près. Dans le même ordre d’idée, si tu te fais aborder — que ce soit pour t’inviter quelque part où tu n’as aucune envie d’aller ou encore pour te vendre un sarong pour la 128e fois de la journée — refuse poliment et gentiment, en souriant. Question de savoir-vivre, on s’entend, mais aussi de démontrer que tu es super relax, que tu ne te sens pas menacée et que tu es en contrôle. Si la personne est insistante, un « non » bien senti fait normalement la job.

  • Ne perds pas le Nord 


Bien entendu, l’idée n’est pas de boire de l’eau durant tout ton voyage, mais 95% des histoires d’horreur que j’ai entendues sont survenues lors d’une soirée arrosée. Je vais résumer ça vite vite : les cultures sont différentes dans le monde et le #sansOuicestNon est inexistant entre bien des frontières. Ne fais pas ta flirty. Ne joue pas avec le feu. Autre point : si tu as trop bu, que tu n’es plus en pleine possession de tes moyens, au bout du monde, dans un environnement que tu ne connais pas, tu ne peux pas considérer ton voisin de lit d’hostel comme une personne de confiance qui veillera à te ramener à bon port avec tous tes morceaux. Il sera peut-être dans un état pire que toi. Ne fais confiance qu’à toi-même et penses-y à deux fois avant d’embarquer dans la tournée de shooters!


Autre point : je privilégie la bière plutôt que les drinks (1L quand j’écoute l’élection de Trump en direct des Philippines). Ta bière, du moment qu’ils la débouchent devant toi, tu sais ce qu’il y a dedans. Ce n’est pas le cas d’un drink. Des histoires de GHB dans les cocktails des belles p’tites touristes, j’en ai entendu une puis une autre! Légendes urbaines? Je préfère ne pas le tester et redoubler de prudence.

  • Tu n’es pas une Instababe

Tes lunettes à 300$, tes bijoux scintillants, tes tops side-boobs braless, tes shorts à raz-les-fesses et toute la patente, ça attire beaucoup de Likes, mais ça attire surtout l’attention en plus de démontrer ta richesse à des gens beaucoup moins fortunés. Pis toi, contrairement à Kim Kardashian, tu n’as pas de bodyguard pendant que tu nourris ton Instagram. Bref, sois low profile, surtout dans tes déplacements, et ajuste ton habillement en fonction du pays que tu visites et des zones où tu te trouves.

  • Le beau gars de la place ne t’aime pas pour ta belle personnalité 

Non, ton prénom ne veut pas dire « Amour », « Beauté », ou « I love you » dans sa langue locale. Non, il ne veut pas parler avec toi pour pratiquer son anglais en vue de ses études universitaires aux États-Unis l’an prochain, et oui, s’il t’invite à un party dans une hutte en bamboo chez son cousin, ça risque de mal virer. Ne sois pas naïve. Laisse les scénarios de films à Hollywood.

  • Tu es mariée 

Un classique. Que tu sois en couple ou pas, invente-toi un mari. Quitte à prendre un beau selfie lover avec ton BFF avant de partir et à t’en servir en cas de questions insistantes. Perso, je porte même une bague dans mon annulaire gauche. La question reviens à tout coup, dans la rue, par le serveur, le chauffeur, le surf instructor :  » Are you married? « . Ma réponse est toujours oui. Ça évite la cruise automatique et désagréable. Et si mon interlocuteur que je connais depuis 28 secondes insiste sur le fait que je suis seule, j’invente que mon mari a une insolation, que ses vacances commençaient après moi et qu’il arrive le lendemain, qu’il est parti se faire masser, qu’il doit travailler pour payer mes vacances (!), whatever! Il n’est jamais bien loin 😉

Bien entendu, voyager c’est surtout faire des rencontres, échanger, experimenter, etc. C’est pourquoi mon point 1 — suivre son instinct — est sans doute le plus important. Mais comme l’air salin peut rapidement devenir enivrant, une voyageuse avertie en vaut deux!
Et toi? Quelles sont tes règles d’or?

-30-

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Publié par

aruelmanseau

Journaliste, voyageuse et curieuse.

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